L’idée de Freud est de s’interroger sur le comment rendre conscient l’inconscient. Pour cela sa première déduction est de concevoir la surface corporelle comme une interface entre l’extérieur et l’intérieur et le verbale comme moyen de transporter l’inconscient vers le conscient. Son observation ne le convainc pas car cela n’explique pas le processus de « qu’est ce qui permet de constater que la chose est consciente ». Il s’agit pour Freud que ce soit d’abord une perception consciente mnémique (mémoire) avant de faire retour à la conscience. Ce qui reviendrait à dire que toute conscience est d’abord une trace mnémique qui a été préalablement une rencontre avec l’extérieur ? Freud nous parle de la calotte acoustique comme la trace mnémique de l’image qui s’associe au langage. Il ajoute aux traces mnémiques le sens visuel qui fait surgir le préconscient au conscient mais d’une manière très imparfaite. Freud énonce l’élasticité du souvenir verbale qui passerait de l’inconscient au conscient sans qu’il y ait un mouvement de ces instances. Les notions de plaisir et déplaisir sont évoquées comme sensations. Au contraire du plaisir, le déplaisir aurait, au sens de Freud, une influence contraignante et ferait monter la charge énergétique que la décharge produirait le plaisir. Il évoque ici la question de la conscience et de sa formation. Ici Freud nous fait comprendre que « quelque chose » peut se passer par le Moi sans que la conscience du Moi soit en éveille. Il introduit la part inconsciente du Moi. Freud dévoile que c’est par l’apparition de sensation de déplaisir se heurtant à une résistance à la décharge que ce « quelque chose » apparaît à la conscience.
Freud énonce que le système conscient doit être atteint pour que la relation entre élément externe et interne soit reliée. Freud détermine ici la libre circulation inconsciente des sensations entre externe et interne sans que la conscience soit nécessaire au contraire de la représentation. Il définit le Moi comme une instance formée du système perception conscience et inconscience. À l’aide de Groddeck, il prolonge son idée en définissant le ça comme composante du moi et contenant les éléments inconscients. Poursuivant sa réflexion il nous indique que le Ça serait l’intermédiaire entre les éléments refoulés, contenus dans l’inconscient, et l’inconscient. Freud commence à organiser le Moi comme faisant partie du ça qui subit des modifications de l’extérieur par son intermédiaire et de substituer le principe de réalité au principe de plaisir qui siégerait dans le ça. Il diffère la perception appartenant au Moi et pulsions et impulsions appartenant au Ça. Il revient sur l’opposition qu’il met en place entre valeur sociale (principe de réalité) et passions inférieures (principe de plaisir) et fait intervenir la culpabilité comme mouvement inconscient issu de la présence des valeurs sociales et morales. Ayant préalablement identifié les résistances inconscientes vient s’ajouter à celles-ci la culpabilité inconsciente qui oppose des freins considérables dans la guérison des névrosés.
Le moi, le sur-moi et l’idéal du moi.Freud fait intervenir le Surmoi et l’idéal du Moi. Il parle de la mélancolie et de la présence dans le Moi de l’objet sexuel auquel le Ça avait dû renoncer. Le retrait de l’énergie érotique propose une transformation du moi et de son caractère. À la naissance le Moi trop faible est sous l’emprise du Ça et il n’opère que des refoulements. Ici Freud dit que l’objet sexuel retiré au Ça et introjecté par le Moi serait ce qui se produit dans la mélancolie. Il énonce que le caractère du Moi serait issu des abandons successifs des objets par une opération d’identification tout d’abord puis d’abandon ensuite. Il relie le Moi au Ça par l’opération de séduction du premier vers le second en ayant introjecté préalablement l’objet chargé d’énergie érotique. C’est ici que Freud décrit la transformation de l’énergie érotique pour un objet externe en une libido narcissique pour l’objet introjecté au moi. Il introduit l’opération de sublimation comme la transformation par le Moi de la libido sexuelle en une libido désexualisé en libido narcissique. Identification du Moi aux objets sexuels. Lorsque les identifications aux objets sexuels sont trop nombreuses il peut s’ensuivre une dissociation du moi.
Freud présente l’idéal du Moi comme l’identification au père de la préhistoire personnelle. Il décrit l’œdipe simple du garçon par identification au père et considérant ce dernier comme obstacle à la mère. L’enfant fait également preuve d’ambivalence d’une part par son désir de s’identifier et d’autre part par le désir d’éliminer le père pour conquérir la mère. A la destruction de l’œdipe, il existe un choix d’identification soit au père soit à la mère. A la sortie de l’œdipe l’identification au père est renforcée ce qui permet de garder la tendresse à la mère. Pour la petite fille il s’agit de l’identification à la mère ce qui produit un renforcement de son caractère féminin. Ici Freud parle de l’œdipe simple.
Il parle du destin du complexe d’œdipe par l’identification au père ou à la mère selon les dispositions sexuelles du garçon et de la fille. Freud explore plus avant le complexe d’œdipe et convient qu’il ne sera complet que si l’enfant garçon en l’occurrence exprime son ambivalence sexuelle tant au niveau du père que de la mère par sa jalousie envers cette dernière et sa tendresse pour le premier. Il revient sur ce qu’il dit précédemment en exposant que l’ambivalence ne proviendrait non pas de la rivalité mais plutôt de la bisexualité psychique de l’enfant. Freud admet d’existence du complexe d’œdipe complet. Freud énonce que l’identification aux deux parents aura lieu à la sortie du complexe d’œdipe et non à un seul comme il a pu le suggérer précédemment. On peut relever que lorsqu’il retrace l’œdipe de l’enfant il passe directement de l’enfant au sein à l’œdipe sans signaler l’étape intermédiaire du narcissisme secondaire malgré qu’il souligne l’identification au père et nommant cela le moi idéal au bénéfice du ça et s’inscrivant dans le surmoi.Pour Freud le surmoi serait composé des résidus du ça. Identification au père. Il parle de refoulement du complexe d’œdipe sous l’influence de l’environnement social, culturel, religieux et non de dépassement c’est-à-dire d’acceptation par résignation. Il parle également de la naissance de la culpabilité par l’emprise du Surmoi sur le Moi. L’idée devient intéressante. Le Moi s’est rendu maître du complexe d’œdipe et s’est soumis au ça, il se charge du Monde extérieur mais le Surmoi s’oppose au Moi en tant que chargé de pouvoir du ça. Selon, Freud l’Idéal du Moi serait constitué de l’héritage transgénérationnel. Ainsi l’idéal de Moi serait la couche la plus intime de l’individu. L’idéal du moi est mis en avant culturellement. Freud indique que la culpabilité naît de la distance entre le Surmoi et le Moi et dit que ce que ressent le Ça est issu de l’entremise du moi avec le monde extérieur. Les expériences du moi sont conservées comme des traces mnémiques par le Ça et font partie de la part héréditaire. Freud pose le Surmoi comme héritier du Ça.
Les deux variétés d’instincts . Ce qu’il dit dans au-delà du principe de plaisir, comprend l’instinct sexuel et l’instinct de conservation. Pour définir les instincts de mort Freud se réfère au sadisme. Ainsi l’instinct de mort a pour but de ramener la vie à l’état inanimé tandis qu’Éros a pour fonction contraire de la conserver. Les deux instincts ont le même but de conservation puisqu’ils tendent à rétablir ce qui a été troublé par l’arrivée de la vie. La vie est un compromis entre ces deux instincts. Les deux instincts seraient mélangés de l’une et de l’autre en gardant sa dominante de vie. Puisque le mélange existe alors la séparation peut également exister. Il prend ici l’exemple du sadisme dans l’acte sexuel qui est poussé à son excès. C’est ainsi que Freud conçoit un penchant de destruction dans la réalisation d’Éros Freud parle des résistances et des régressions névrotiques comme protégeant l’individu, ceci implique donc que l’instinct de mort protégerait l’instinct de vie du névrotique. L’idée de Freud est d’assimiler au principe de plaisir les deux instincts. Il décrit l’apparition de la haine comme un retard de l’apparition de l’amour dans les relations humaines. D’autre part parlant de l’homosexualité il avance que l’agressivité émise par le sujet est un fait, un attachement dont il se défend.
Freud remarque les comportements hostiles dans l’homosexualité. Il dit que dans la paranoïa il y a déplacement de l’énergie à tendance érotique en énergie hostile et que lorsque l’hostilité est étouffée, l’homosexualité apparaît, ce qui guide est l’aspiration à la satisfaction quels qu’en soient les moyens.
Il soupçonne la capacité de déplacement de l’énergie, il en cherche la provenance. Freud évoque les tendances sexuelles partielles qui peuvent s’interchanger selon les sources érogènes en cédant une part de son intensité. Il émet l’hypothèse que le déplacement concerne la libido narcissique. IL met en relation cette énergie qui se déplace en faveur du principe de plaisir et de sa décharge. Cette décharge qui concernerait le Ça se produirait au cours de concentrations érotiques sur objets ou dans les transferts. La décharge dont le but est la satisfaction de la tension constante peut opérer un déplacement sur un objet quel qu’il soit. Le déplacement de l’énergie sexuelle est sublimé lors de son transport et réaliserait en ce sens l’unité du Moi. Le travail intellectuel semblerait également être une sublimation. De ce fait Freud admet que la sublimation est réalisée par l’intermédiaire du Moi. Il nous rappelle la transformation de la libido du Ça en libido du Moi, comme libido narcissique par l’acte de sublimation. En ce sens le Moi s’oppose au Ça par l’action de sublimation.
Parce que le Ça fixe sa libido sexualisée sur les objets, le Moi s’y oppose en devenant le seul objet d’attachement érotique et développe ainsi sa libido narcissique. Ainsi Freud convient de la dérivation des pulsions de vie en pulsions narcissiques. Freud introduit l’idée que la vie est régie selon le principe de constance établit par Fechner sous le terme de « principe de stabilité » conduisant à la mort et que c’est bien l’instinct de vie qui viendrait perturber ce principe de constance.
Les états de dépendance du moi. Freud énonce que le Surmoi est constitué de la première identification et il est l’héritier du complexe d’œdipe. De par le complexe la destinée du Surmoi est de s’opposer au Moi et de le dominer. Ici Freud nous fait encore part de la transgénérationnalité inscrite dans le Ça. Il nous expose la réaction thérapeutique négative qui est une aggravation de l'état après avoir énoncé une amélioration. Il indique que chez ces personnes il existe le besoin d’être malade. La culpabilité résulterait de la confrontation entre le Moi et l’instance critique et sentiment d’infériorité, selon Freud, et serait issue d’un conflit entre Moi et idéal du Moi.
Dans la névrose obsessionnelle ce sont les impulsions amoureuses réprimées par le Surmoi qui font régresser le sujet au prégénital et transforment celles-ci en impulsions agressives contre l’objet. Dans la Mélancolie le Sur Moi s’attaque directement au Moi qui a introjecté l’objet perdu. Le Moi est pris entre un Ca et un surmoi en déchargeant ses pulsions agressives contre l’objet pour le premier et contre soi dans le deuxième cas. Le Ça est tout à fait amoral, le Moi s'efforce d'être moral, le Sur-Moi peut devenir hypermoral et, en même temps, aussi cruel que le Ça. C'est un fait remarquable que moins l'homme devient agressif par rapport à l'extérieur, plus il devient sévère, c'est-à-dire agressif dans son Moi idéal. Il rappelle que le Surmoi est né à la faveur de la figure paternelle. Cette identification doit sa valeur à la sublimation, donc à la désexualisation donc à une transformation en libido narcissique. Puisqu’il y a sublimation et désexualisation et que la libido narcissique prend place et qu’il existe une dissociation des pulsions alors il peut exister un caractère impérieux et agressif de l’Idéal du Moi Concernant la névrose obsessionnelle dont la pulsion agressive se fait sur l’objet est dû tout d’abord à une régression du Ça qui s’est propagé dans le Moi et lui-même sera puni par le Surmoi qui dirigerait vers lui son agressivité libre de la libido.
Le Ça a deux circuits vers le Moi, soit via l’Idéal du moi soit vers directement vers le Moi. Par son travail d’identification et de sublimation le Moi aide le Ça à vaincre le surcroît de libido et par retour du bâton de se voir infliger les pulsions de destructions. De ce fait il doit se charger lui-même en pulsion de vie. Freud estime que le travail de sublimation consiste en une dissociation de la pulsion de mort et de vie pour réserver au Surmoi la pulsion destructive dont le Moi doit se méfier. Il fait intervenir l’idéal du Moi dans la menace de castration. Il rapproche les scrupules de conscience de la menace de l’angoisse de castration. Il distingue l’angoisse de mort et l’angoisse libidinal névrotique. Dans l’angoisse de mort le sujet se décharge de toute sa libido narcissique et son Moi est sous le poids du Surmoi.
Il poursuit en signifiant que l’angoisse de mort se produit selon deux situations :
• 1ère situation : en tant que réaction à un danger extérieur et en tant que processus interne, comme c'est le cas, par exemple, dans la mélancolie. Le Moi se sentant rejeté et persécuté par le Surmoi aspire à la mort
• Deuxième situation : le moi est abandonné par toute force protectrice alors il s’abandonne à la mort comme l’enfant se serait abandonné après la période de séparation d’avec la mère (dépressive)
« Le Ça, auquel nous revenons après un long détour, ne dispose d'aucun moyen lui permettant de témoigner au Moi amour ou haine. Il est incapable de dire ce qu'il désire, de manifester une volonté cohérente et suivie. Il représente l'arène de la lutte qui met aux prises Éros et l'instinct de mort, et nous savons déjà quels sont les moyens dont, dans cette lutte, les instincts adverses se servent les uns à l'égard des autres. Nous pourrions décrire cette situation en disant que le Ça se trouve sous l'empire des instincts de mort, muets, mais puissants, qui demandent la paix pour eux-mêmes et voudraient, s'inspirant du principe du plaisir, imposer le calme au trouble-paix que représente Éros, mais nous craignons, en présentant les choses sous cet aspect, de sous-estimer le rôle de ce dernier. »